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NO LINE ON THE HORIZON

UNIVERSAL MUSIC DV

Pas facile de se retrouver dans la peau de Bono en 2009. Il y a vingt ans, son ......

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Pas facile de se retrouver dans la peau de Bono en 2009. Il y a vingt ans, son groupe s'apprêtait à publier un de ses chefs-d'oeuvre (Achtung Baby) et il y a dix ans, un de ses meilleurs albums (All That You Can't Leave Behind). Hydre à plusieurs têtes, U2 est devenu un monstre dont le destin programmé se confond avec celui de son leader, activiste nécessaire et forcément pas suffisant, qui se bat autant pour la paix et l'Afrique que pour échapper à l'impôt sur une fortune colossale dont l'état irlandais ne bénéficiera pas. Logiquement, les contradictions de Bono se retrouvent dans la musique de U2, qui n'est plus le plus grand groupe du monde depuis que Coldplay règne en tête des ventes et des charts en n'affichant aucune autre obsession que lui-même. Aujourd'hui gérées par Live Nation, tentaculaire entreprise de spectacle tristement spectaculaire qui ne fait pas dans la dentelle, ces deux formations (à la différence de Depeche Mode qui ne méprise personne) ne s'adressent plus à la presse (hormis au journal anglais qui est son instrument...), et ont perdu le contact avec les gens, leur public. Personne, autour de U2, n'ose émettre un son qui irait à l'encontre de la machine lorsqu'elle se met en marche. Pas même les producteurs Brian Eno et Daniel Lanois, sollicités à nouveau après cet How To Dismantle An Atomic Bomb de 2004 qui n'était surtout que poudre aux oreilles. Ici, c'est en prenant des risques que U2 parvient presque à convaincre. Lorsqu'il ose des suites d'accords risquées (No Line On The Horizon), met en abîme des parties de guitares surmixées (Unknown Caller), délaie jusqu'à l'envoûtement floydien (Moments of Surrender) ou fait ouvertement référence aux faces instrumentales de la trilogie européenne de Bowie (Fez-Being Born). Le reste sonne comme ce que pourrait faire un groupe de riches dans un studio cher. C'est-à-dire de la musique sans queue ni tête (Get On Your Boots), qui défie parfois l'entendement (Stand Up Comedy), bien plus nostalgique qu'elle en a l'air (I'll Go Crazy If I Don't Go Crazy Tonight) et parfois à côté de sa propre plaque (Breathe). Plus ailleurs que jamais, U2 pense d'abord marketing et courbe de croissance, puissance de frappe et remplissage des stades. Comme prévu, No Line On The Horizon, déployé sur plusieurs supports dont un coffret collector coûteux et impossible à télécharger que les journalistes n'ont pas le droit de chroniquer, va se vendre et aider U2 à reconquérir le monde et finalement remplir sa mission. Les fans vont lui faire une fête et iront applaudir le groupe en croisant les doigts pour qu'il joue les tubes. La bande à Bono va les jouer, pas de souci. Et dans vingt ans, le chanteur trapu réécoutera ce disque en se demandant pourquoi les châteaux de cartes, même en plomb, sont incapables de résister au vent léger qui, imperceptiblement, souffle et soufflera encore du désert d'Espagne.

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